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Les prévisions relatives aux émissions de HONO provenant des feux de forêt restent difficiles à établir.
Les feux de forêt constituent un problème croissant à l'échelle mondiale. Les émissions de gaz et d'aérosols dues aux incendies affectent gravement la qualité de l'air et le climat. Ces dernières années, une attention croissante a été accordée à l'acide nitreux, un composant émis par les incendies qui est considéré comme important dans la chimie réactive des panaches de fumée, qui conduit à la formation d'ozone et d'aérosols.
Toutefois, il reste difficile d'établir des prévisions précises sur les émissions de HONO dues aux feux à l'échelle régionale et mondiale, et les processus chimiques impliquant le HONO dans les feux sont incertains.
Les récentes mesures de HONO effectuées depuis l'espace dans les panaches de biomasse fraîchement brûlée par TROPOMI (Theys et al., 2020) offrent la possibilité d'obtenir des informations sur les mécanismes de formation de HONO à l'échelle mondiale.
Quel est le potentiel des senseurs spatiaux actuels et futurs pour mesurer le HONO ?
Il existe un besoin pressant de développer, d'interpréter et d'évaluer les mesures de HONO à partir d'observations spatiales, en particulier avec l'avènement de nouveaux instruments spatiaux sur des plates-formes géostationnaires.
L’IASB, en collaboration avec l'Université Libre de Bruxelles (ULB), a travaillé à démontrer la détection de HONO à partir de plusieurs instruments satellitaires (TROPOMI, GEMS et IASI) en utilisant des techniques de télédétection très sensibles. Les mesures de TROPOMI ont été évaluées par rapport aux colonnes de HONO mesurées par IASI et aux estimations indépendantes de la campagne avion BB-FLUX en 2018 dans l'ouest des Etats-Unis. Nous avons mis en évidence l'importance de tenir compte de l'effet des aérosols sur la sensibilité de l'instrument TROPOMI.
L'exemple ci-dessous montre la détection par TROPOMI de HONO provenant de deux feux pendant la crise de Los Angeles en janvier 2025.
Nous avons également, pour la première fois, détecté du HONO à partir d'observations géostationnaires dans l’UV-visible, en appliquant l'algorithme TROPOMI aux données du capteur coréen GEMS, couvrant la région de l'Asie du Sud-Est. Pour la saison des feux de mars-avril 2021, des colonnes de HONO élevées ont été trouvées dans des pays comme le Laos et le Myanmar, à des endroits où l'on sait que des feux d’agriculture et des feux de forêts se produisent.
Les observations de HONO résolues temporellement par GEMS ont révélé que la détection de HONO est très variable au cours de la journée, mais qu'elle suit en grande partie la variation diurne de l’intensité des feux.
L’ensemble de données HONO par satellite sont accessibles au public sur la page web HONO de l’IASB.
Références
- Franco, B., Clarisse, L., Theys, N., Hadji-Lazaro, J., Clerbaux, C., and Coheur, P.: Pyrogenic HONO seen from space: insights from global IASI observations, Atmos. Chem. Phys., 24, 4973–5007, https://doi.org/10.5194/acp-24-4973-2024, 2024.
- Theys, N., R. Volkamer, J.-F. Müller, K. J. Zarzana, N. Kille, L. Clarisse, I. De Smedt, C. Lerot, H. Finkenzeller, F. Hendrick, T. K. Koenig, C. F. Lee, C. Knote, H. Yu, and M. Van Roozendael: Global nitrous acid emissions and levels of regional oxidants enhanced by wildfires, Nat. Geosci., 13, 681-686 (2020). https://doi.org/10.1038/s41561-020-0637-7