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Mesures FTIR à Porto Velho, Brésil
La technique FTIR permet de mesurer simultanément de nombreuses espèces atmosphériques d’origine biogénique et de feux de biomasse, telles que le méthane, le monoxyde de carbone ou de nombreux composés organiques volatiles (COVs) comme l’éthane, l’acétylène, le formaldéhyde, le méthanol, ou encore l’acide formique.
Certaines espèces sont plus difficiles à détecter car leur signature spectrale est très faible. C’est le cas de l’isoprène alors qu’il s’agit du COV le plus abondant dans l’atmosphère. Récemment, cette espèce a été détectée pour la première fois à l’aide de la technique FTIR (Wells et al., 2022) grâce à nos mesures à Porto Velho où la concentration d’isoprène est l’une des plus élevées du monde.
Validation de satellites
Nos données uniques d’isoprène ont permis la validation d’un nouveau produit du satellite CrIS (Cross-track Infrared Sounder), ce qui est primordial avant que ces données ne soient utilisées dans des modèles de chimie de l’atmosphère.
En effet, l’isoprène est également difficile à mesurer depuis l’espace et cette validation montre un biais systématique de 20 à 50% des mesures satellites (Wells et al., 2022).
Il est rare que les satellites présentent un biais constant. Il est souvent proportionnel à la concentration de l’espèce mesurée. Connaître cette proportionnalité permet de corriger les mesures satellites avant de les intégrer dans des modèles d’inversion qui utilisent les satellites pour optimiser les émissions de notre planète.
La validation du formaldéhyde des satellites TROPOMI et OMI à l’aide de données FTIR (Vigouroux et al., 2020) en est un exemple. Elle a été utilisée pour améliorer l’optimisation des émissions de COVs (Oomen et al., 2024, Müller et al., 2024). Notre station à Porto Velho ayant des concentrations très élevées pour les espèces émises par la forêt amazonienne (COVs, ammoniac, ….), elle permet de mieux quantifier cette proportionnalité du biais.
Outre le formaldéhyde, nos données de Porto Velho ont été plus récemment utilisées pour la validation du monoxyde de carbone et de l’ammoniac de IASI (projet CCI+ ozone precursors), ou encore d’autres COVs mesurés par CrIS (Wells et al., 2025).