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Extension des prévisions chimiques de CAMS à la stratosphère
Depuis le 27 juin 2023, les prévisions mondiales du ‘Copernicus Atmosphere Moniring Service’ (CAMS) couvrent non seulement la troposphère, mais aussi la stratosphère (15 à 50 km d’altitude), qui abrite la couche d’ozone nous protégeant des rayons UV nocifs.
Chaque printemps, un « trou » se forme dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, et parfois au-dessus de l’Arctique.
Ces dernières années, des perturbations majeures se sont produites à cause :
- de feux de forêt gigantesques (Canada 2017, Australie 2020)
- et d’une éruption volcanique exceptionelle (.pdf) (Hunga Tonga, 2022).
CAMS utilisait auparavant un modèle simplifié de chimie stratosphérique, limitant la prise en compte de ces perturbations.
Pour répondre aux besoins des utilisateurs, le système intègre désor-mais une représentation plus complète des processus stratosphériques, améliorant la surveillance de la couche d’ozone et ses liens avec la crise climatique.
Surveillance de la composition atmosphérique par l’Europe
CAMS fournit des prévisions mondiales en temps réel:
- de la composition de l’air, utiles en particulier pour la qualité de l’air,
- l’énergie solaire
- et le suivi de la pollution.
Ses données touchent plus de 200 millions de personnes chaque jour via sites web et apps pour smartphones. Ces prévisions sont produites par une configuration spéciale du système de prévision numérique de l’ECMWF (Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme), qui intègre à la fois la météorologie et la chimie atmosphérique.
Dans ce cadre, l’IASB a implémenté la modélisation des processus chimiques stratosphériques.
Une nouvelle génération de modèles atmosphériques
Jusqu’en 2023, CAMS ne modélisait pas explicitement la chimie complexe de la couche d’ozone. L’IASB, fort de son système BASCOE développé depuis 2002, a intégré des modules de chimie stratosphérique dans le modèle de l’ECMWF.
Cette mise à jour permet de prévoir non seulement l’ozone et la dynamique stratosphérique, mais aussi des espèces chimiques clés comme NO₂, HCl et ClO, qui influencent l’épaisseur de la couche d’ozone. Les utilisateurs bénéficient désormais d’analyses plus détaillées de son évolution, influencée par le Protocole de Montréal et la crise climatique actuelle. Le modèle opérationnel a été à nouveau amélioré le 12 novembre 2024 par la prise en compte des interactions entre gaz et aérosols.
Cet accomplissement résulte de 25 ans de R&D continue à l’IASB grâce aux soutiens durables du programme Copernicus de l’UE et de la Politique scientifique fédérale belge.
Références:
Évolution du trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique par rapport aux années précédentes (chiffres mis à jour quotidiennement) (générés par CAMS)
- Chabrillat, S., Rémy, S., Errera, Q., Huijnen, V., Bingen, C., Debosscher, J., Hendrick, F., Metzger, S., Mora, A., Minganti, D., Op de beek, M., Reisenfeld, L., Williams, J. E., Eskes, H., and Flemming, J. (2025). Modelling stratospheric composition for the Copernicus Atmosphere Monitoring Service: multi-species evaluation of IFS-COMPO Cy49, Geosci. Model Dev., 18. https://doi.org/10.5194/gmd-18-8973-2025