Capturer le ciel avec la caméra NO2

2023-2024
Le projet de caméra NO2 fait son retour dans le rapport annuel pour la deuxième fois, mettant en avant ses progrès et ses récentes campagnes de mesure.

Initialement inspiré par la technologie spatiale d’ALTIUS, cet instrument terrestre a considérablement évolué, démontrant ses capacités en matière de surveillance de la qualité de l’air au cours des deux dernières années.

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De l’espace à la surface de la Terre

Les applications précieuses sur Terre trouvent parfois leur origine dans des missions spatiales. La caméra NO2 en est un parfait exemple. Basé sur le système optique utilisé dans la mission satellitaire ALTIUS, cet instrument innovant est conçu pour mesurer les émissions de dioxyde d’azote (NO2) au niveau du sol – un facteur critique pour la qualité de l’air et la santé humaine.

Comme son nom l’indique, la caméra NO2 capture des images d’une scène. Pour obtenir des informations sur la concentration de NO2 dans cette scène, des images distinctes sont prises à différentes longueurs d’onde. Le NO2, un gaz brunâtre, absorbe certaines longueurs d’onde spécifiques de la lumière ; ainsi, sa concentration dans l’air peut être déterminée en fonction de la quantité de lumière absorbée à ces longueurs d’onde.

Depuis sa dernière apparition dans le rapport annuel, plusieurs composants clés ont été améliorés. Ces améliorations incluent :

  • une puce d’imagerie plus performante,
  • un système de pointage motorisé,
  • ainsi qu’un boîtier nouvellement conçu pour une meilleure résistance aux intempéries.

Résultats des campagnes récentes

Grâce à ces améliorations, la caméra NO2 a été soumise à des tests approfondis lors de deux campagnes de terrain.

  • La première campagne s’est déroulée à Rome, où la caméra a été déployée pour cartographier les variations des niveaux de NO2 dans toute la ville. Elle a capturé avec succès les fluctuations spatiales et temporelles des concentrations de NO2, offrant un aperçu des tendances quotidiennes de la pollution.
  • La caméra NO2 a également participé à la campagne CINDI-3 d’intercomparaison d’instruments de surveillance de la qualité de l’air aux Pays-Bas. Elle faisait partie des trois instruments d’imagerie impliqués dans cette campagne. Actuellement, les résultats de cette campagne de mesures sont encore en cours de traitement.

Des applications en expansion

Encouragés par les performances prometteuses de la caméra, l’ESA et BELSPO, le service public fédéral de programmation politique scientifique, ont accordé un financement supplémentaire pour son développement. Au cours de l’année à venir, un projet pilote utilisera la caméra NO2 pour surveiller les panaches de NO2 émis par une usine de ciment et une centrale électrique à la frontière belgo-allemande. Des observations par drones et satellites viendront compléter ces mesures pour validation.

En outre, la caméra retournera à Rome pour un suivi à long terme, capturant des données sur le NO2 en continu pendant 1,5 an. Ce déploiement prolongé vise à approfondir la compréhension des tendances de la pollution.

Grâce à ses progrès constants et à un intérêt croissant, la caméra NO2 reste à la pointe de la surveillance terrestre de la qualité de l’air, établissant un lien essentiel entre les observations satellitaires et les évaluations environnementales locales.

 

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Campagne d'essai à Rome, où la caméra a été déployée pour cartographier les variations des niveaux de NO2 dans toute la ville.