Observations des aurores : les amateurs changent la donne !

2023-2024
Avec l'activité solaire à son apogée, des aurores intenses atteignent des latitudes plus basses, comme on a pu le voir le 10 mai 2024. Des photographes amateurs, équipés d'appareils photo très sensibles, capturent ces phénomènes. Avec un réseau d’observateurs grandissant, la surveillance à grande échelle des aurores permet de fournir des données cruciales aux scientifiques.

Les contributions des amateurs ont conduit à des découvertes telles que STEVE, les SAR et récemment des flux ascendants de N₂⁺ dans l’ionosphère. En aidant à classer les nouveaux types d'aurores, ils prouvent que la participation du public est essentielle pour faire progresser la recherche sur les aurores.

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De plus en plus d'amateurs photographient les aurores boréales

Lorsqu'une tempête solaire devient géoactive, les phénomènes auroraux peuvent être visibles même à des latitudes plus basses. Grâce à des systèmes d'alerte avancés, de plus en plus de personnes sont prêtes à immortaliser ces spectacles époustouflants avec leurs appareils photo.

Au cours des deux dernières décennies, la technologie des appareils photo s'est considérablement améliorée, permettant à un nombre croissant d'amateurs de photographier facilement les aurores. Leur contribution à la recherche sur les aurores a été essentielle au cours des dix dernières années.

En effet, la disponibilité croissante d'images a conduit à la découverte de différents types d'aurores dans les régions polaires, mais aussi de nouveaux types d'émissions atmosphériques, tels que les phénomènes STEVE (Strong Thermal Emission Velocity Enhancement) et SARs (Stable Auroral Red arcs), qui font partie d'une catégorie plus large d'événements subauroraux.

Les observations d'aurores boréales aux latitudes moyennes et basses sont rares. Elles apparaissent généralement sous la forme d'illuminations rouges diffuses dans le ciel au-dessus des hémisphères nord et sud. Cela s'explique par le fait que les aurores boréales se produisent généralement à des latitudes beaucoup plus élevées et que leurs parties inférieures, notamment les émissions vertes, violettes et bleues, tombent sous l'horizon.

Phénomènes auroraux exceptionnels

Cependant, l'événement du 10 mai, souvent appelé « tempête de la fête des mères », fut une exception. Il s'agit de l'une des dix tempêtes géomagnétiques les plus importantes jamais enregistrées, avec un ovale auroral s'étendant jusqu'au sud de la France. Cet événement rare a été confirmé par de nombreuses observations, allant des caméras panoramiques aux images capturées par des astrophotographes, soulignant son caractère unique.

Un autre événement, qui s'est produit dans la nuit du 24 au 25 septembre 2023, était également assez exceptionnel: une aurore bleue unique a été capturée par un astrophotographe en France, ce qui a donné lieu à une étude scientifique visant à expliquer ce phénomène.

Après avoir passé en revue différents processus physiques, un seul semblait plausible pour expliquer l'émission bleue visible à des latitudes aussi basses. Le N2+ ionisé provenant d'un événement auroral s’élève dans la haute atmosphère, pouvant atteindre jusqu'à 500 km, et diffuse la lumière du soleil, ce qui entraîne une émission bleue. Cet événement unique montre la synergie possible entre amateurs et professionnels, contribuant à la compréhension de la physique des aurores.

Aurore boréale observée dans la nuit du 24 au 25 septembre 2023, près de Chartres, en France. Crédits : E. Beaudoin

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Aurore boréale observée dans la nuit du 24 au 25 septembre 2023, près de Chartres, en France. Crédits : E. Beaudoin