Pour son 35ᵉ anniversaire, le NDACC prépare l’évolution de sa stratégie de surveillance atmosphérique

2023-2024
Depuis l’institution officielle du « Réseau pour la détection des changements de la composition atmosphérique » (le NDACC) en 1991, l’IASB est membre de son comité directeur et lui fournit des mesures de référence sur l’ozone, plusieurs variables climatiques et d’autres gaz en traces.

En vue de la célébration du 35e anniversaire du NDACC en 2025, qui sera marquée par un symposium scientifique international et la publication d'une Edition spéciale, nous avons réfléchi à la stratégie du NDACC pour la prochaine décennie et l'avons présentée dans un article qui sera présenté lors du symposium.

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35 ans de veille de notre atmosphère en perpétuelle évolution

Les mesures à long terme de la composition atmosphérique en divers lieux du globe sont essentielles pour évaluer l’évolution chimique et physique de notre atmosphère et du climat, pour comprendre les tenants et aboutissants des transformations profondes et complexes qui y prennent place, et pour affiner leur modélisation et leur prévision afin d’élaborer et d’évaluer les effets de politiques environnementales éclairées fondées sur des faits observés avec précision. 

Des réseaux mondiaux organisés d’observation depuis le sol avaient déjà vu le jour au milieu du vingtième siècle pour la surveillance météorologique et pour l’ozone atmosphérique. Cependant, la découverte dans les années 1980 du trou d’ozone antarctique et de l’appauvrissement à long terme de la couche d’ozone à nos latitudes ont déterminé la création en 1991 du Réseau pour la détection des changements stratosphériques (NDSC).

Le NDSC était un réseau mondial de stations de sondage à distance mesurant non seulement la couche d’ozone stratosphérique, mais aussi les composés chimiques tant naturels qu’anthropogéniques contrôlant l’abondance d’ozone dans l’atmosphère moyenne. Depuis lors, les données du NDSC ont été essentielles à la compréhension des causes du déclin de l’ozone, à l’élaboration du Protocole de Montréal bannissant les émissions des substances les plus nocives pour l’ozone, et à l’évaluation de l’impact des amendements successifs de ce protocole. 

Grâce aux efforts de la communauté mondiale de la recherche sur l’ozone et de ses gestionnaires, le déclin à long terme de l’ozone stratosphérique a stoppé.

Au fil des ans et jusqu’à nos jours le NDSC est resté engagé dans la veille à long terme de l’ozone. Cependant, ce réseau a également considérablement élargi ses capacités de mesure à un éventail plus large d’espèces atmosphériques et de thèmes de recherche, justifiant son changement de nom en 2005 en Réseau pour la détection des changements de la composition atmosphérique (NDACC).
 

Parmi les réalisations récentes du NDACC 

Depuis l’institution du réseau en 1991 l’IASB est membre de son comité directeur et lui a fourni des mesures au sol de haute qualité pour l’ozone, les variables climatiques et d’autres gaz en traces. Ces dernières années, l’institut a pris l’initiative du développement de processeurs centralisés pour le traitement des données des instruments UV-visible (FRM4DOAS) et FTIR (CDPS) afin d’harmoniser à l’échelle du réseau la qualité des données et la quantification de leurs incertitudes.

L’institut a travaillé à de nouvelles instrumentations plus portables, utiles à l’évolution géographique du réseau et au déploiement d’instruments lors de campagnes de mesure spécifiques.

En soutien au programme Copernicus de l’UE et à ses propres missions satellitaires comme ALTIUS, l’institut a participé à l’élaboration du cadre d’évaluation de maturité des mesures de référence CEOS-FRM et il a promu sa mise en œuvre dans le NDACC pour mieux répondre aux exigences toujours croissantes de la validation satellitaire et aux nouveaux défis des services opérationnels tels que:

Une stratégie tournée vers la prochaine décennie

Après 35 ans de fonctionnement en continu et de développement permanent, et en collaboration avec ses partenaires internationaux, l’IASB a réfléchi à l’évolution nécessaire des stratégies du NDACC pour la prochaine décennie. Bien que l’objectif principal du réseau reste la collection d’une banque de données à long terme pour détecter les changements de l’état chimique et physique de l’atmosphère (mésosphère, stratosphère et troposphère), il s’intéresse également à de nouvelles questions scientifiques d’importance comme le couplage des changements de composition atmosphérique avec le climat et la qualité de l’air.

Il doit répondre aux défis technologiques nécessaires aux besoins des parties prenantes et des services opérationnels. Reconnaissant la nécessité d’une approche intégrée de la veille de la composition atmosphérique, et pour assurer une réponse appropriée à des besoins scientifiques et sociétaux en constante évolution, l’IASB travaille à intégrer la composante européenne du NDACC dans l’infrastructure européenne de recherche ACTRIS (Infrastructure de recherche sur les aérosols, les nuages et les gaz traces) et au renforcement de l’engagement du NDACC avec les autres réseaux mesurant des données complémentaires.

Il contribue également activement à l’engagement du réseau avec les parties prenantes institutionnelles comme:

L’orientation stratégique du NDACC pour la prochaine décennie fait l’objet d’un article scientifique qui sera présenté en octobre 2025 lors du Symposium scientifique célébrant le 35ème anniversaire du NDACC.