Skip to main content

C’est par des mesures spectroscopiques et de polarisation que les nuages de Vénus furent d’abord étudiés dans les années 1960. La présence d’acide sulfurique ne fut clairement établie, sur cette base, qu’en 1973 et confirmée par les analyses in situ au cours de plusieurs missions soviétiques à partir de Venera-12 (1978) et de la mission américaine Pioneer Venus (1979).

Nuages ​​dans la haute atmosphère

Toutes ces particules en phase liquide se forment à très haute altitude, au niveau du somment de la couche supérieure des nuages, là où le rayonnement ultraviolet du soleil conduit à la photolyse de certains constituants atmosphériques.

En particulier, le gaz SO2 forme SO3 en réagissant avec O, produit de la photolyse du CO2, puis enfin H2SO4 à partir de H2O, qui passé à l'état liquide en raison de la pression partielle des espèces gazeuses soufrées dans le gaz environnant.

Nuages dans la basse atmosphère

A l'inverse, dans la basse atmosphère, on assiste à la décomposition des fines gouttelettes d'acide sulfurique H2SO4  migrant à travers la structure stratifiée des nuages à la faible vitesse d'environ 1 mm s-1, elles sont vaporisées lorsqu'elles atteignent les couches plus chaudes de l'atmosphère à la base de la couche inférieure des nuages, vers 40 km d'altitude.

Venus Low Clouds Infrared
Image en lumière infrarouge des nuages bas de Vénus. Cette image en fausses couleurs est une vue en infrarouge proche des nuages présent du côté nuit de Vénus obtenue par l’instrument NIMS sur la sonde Galileo alors qu’elle s’approchait de la planète le 10 février 1990.
La vue représente l’atmosphère moyenne turbulente et nuageuse correspondant a des altitudes comprises entre 50 et 55 km au dessus de la surface. La couleur rouge indique la chaleur radiante émise par l’atmosphère basse brillant à travers la couche de nuages qui apparaissent quelque 10 fois plus sombres que les trous plus brillants entre les nuages.
Cette couche nuageuse est à une température de -30°C. Les nuages apparaissent duveteux et formant de grandes masses compactes ; plus au Nord, ils s’étendent en filaments orientés d’est en ouest, et aux pôles, ils forment une couverture totale.

Des phénomènes UV fascinants dans l'atmosphère de Vénus

Les observations ultraviolettes de la couche nuageuse ont révélé un phénomène intrigant. Certaines zones absorbent la moitié de l'énergie solaire reçue par la planète et la réémettent sous forme de rayonnement ultraviolet.

De nombreuses explications, de différents niveaux de fantaisie, ont été avancées: à 50 km d'altitude, les microbes pourraient se nourrir d'avides sulfuriques et utiliser la lumière UV dans un processus photosynthétique exotique pour extraire de l'énergie. C'est une hypothèse d'exobiologie extrême mais pour la vérifier, il faudrait s'y rendre avec des sondes à ballonnet.

Venus in UV
Image obtenue en lumière ultraviolette par le télescope spatial Hubble de la NASA/ESA le 24 janvier 1995. En lumière ultraviolette, les structures au sein des nuages deviennent bien mieux visibles.
On apperçoit par exemple une structure horizontale en forme de Y près de l’équateur. Des structures similaires ont été observées par les sondes Mariner 10 et Galileo. Cette structure pourrait indiquer la présence d’ondes atmosphériques, analogues aux cellules de hautes et basses pressions sur Terre.
Les nuages aux hautes latitudes semblent suivre les lignes de même latitude. Les régions plus sombres indiquent la localisation des nuages à haute teneur en acide sulfurique près des sommets des nuages

 

Une image de la sonde Galileo datée du 4 février 1990. Un filtre spatial à large bande a été appliqué pour mettre en évidence les plus petits détails. Les tons bleus ont été utilisés pour montrer les contrastes subtils au centre des nuages ​​et pour rappeler aux téléspectateurs que l'image a été prise à l'aide d'un filtre violet. Les nuages ​​d'acide sulfurique montrent une dynamo importante dans la bande équatoriale de la planète, avec un mouvement vers la gauche (ouest). Crédits: NASA.
Images en fausses couleurs des nuages ​​bas présents du côté nuit de Vénus, obtenues par le NIMS sur la sonde Galileo à l'approche de la planète le 10 février 1990.
Ces images montrent l'énergie thermique émise par la basse atmosphère à travers les nuages. Crédits NASA.